Un chemin suspendu

Le chemin des gorges de la Diosaz offre, dans un site sauvage et naturel, un spectacle grandiose et inhabituel. Un sentier facile et ombragé, bien équipé, solidement implanté, parfois accroché aux parois escarpées ou franchissant le torrent sur d'agréables passerelles, permet de pénétrer le mystérieux et le pittoresque. Excellent but de promenade à la portée de tous, ce site naturel est fascinant autant par beau temps que par temps maussade.

 

Vous pourrez admirer le travail d’érosion de la Diosaz, contempler la majesté d’une nature à l’état brut et frémir devant de bouillonnantes cascades…    

Durant la promenade, les jets d’écume blanche contrastent soit avec les schistes noirs et verts, soit avec les rochers gris et roux colorés par l’oxyde de fer et tachetés çà et là de lichens d’un jaune éclatant. Les cascades succèdent aux cascades et dans un grondement fort, les eaux se jettent dans des « marmites de géants » et des gouffres aux fonds inquiétants, pour ensuite s’étaler en nappes écumantes et transparentes, et continuer le cheminement qu’elles ont façonné dans le roc. Des troncs d’arbres dénudés, amoncelés pêle-mêle sur les berges attestent de la violence des flots lors des orages…

 

De nombreux panneaux expliquant la géologie et l’histoire des gorges vous apprendront à mieux connaître ce site classé.  Plus de cent espèces de fougères ont été répertoriées dans ces lieux…


Aménagement du parcours

En 1871, Mr Achille Cazin (professeur de physique et chercheur en thermodynamique), alors propriétaire des « îles de la Diosaz », fut frappé par la beauté des Gorges de la Diosaz et ne voulut pas être le seul à en jouir. Il constitua une société dont le but était d’aménager un sentier dans les Gorges.

 

Pour réaliser ce projet, la motivation de Pierre Berthoud, charpentier à Servoz, dut être de taille ! Les périls auxquels durent s’exposer les nouveaux travailleurs de l’époque, au fond de ces gorges, laissent pensifs. On les imagine suspendus aux flancs abrupts, avec de lourdes cordes de chanvre, dans le but d’y sceller des centaines de consoles de fer. Ils furent sûrement les précurseurs des « travaux acrobatiques ». Le travail d’aménagement, aussi dangereux que difficile, s’acheva sans accident en 1875 (après 5 années de labeur). Les 1500 touristes de cet été-là purent visiter une nouvelle « merveille des alpes ».


Un peu d'histoire

D’un aspect grandiose et un peu angoissant, cette promenade prend une dimension quasi surnaturelle pour l’imaginatif, dès le début de la visite, grâce à la présence d’un curieux monument.

C’est le tombeau d’un poète, victime de sa passion pour les grandes scènes de la nature, sur lequel on peut lire plusieurs inscriptions : «…c’est avec un recueillement mêlé de crainte et d’admiration qu’il faut visiter les lieux que la nature a marqué du sceau de sa majesté et de sa puissance» et encore « le gouvernement français honore les sciences et les arts, protège les savants et les artistes. Il accueille avec hospitalité les étrangers de toutes les nations qui visitent le sol de la République ».

 

L’abbé Joseph Lombard (1833-1900) curé des Houches en 1874 décrivait poétiquement le site : « Mes bords sont escarpés, et nul ne peut sans crainte ; dans son lit de rochers contempler mon courant ; la montagne dressait devant moi son écran : J’ai fendu la montagne, ouvrant ce labyrinthe ; où va s’engouffrer mon torrent… »