En 1871, Mr Achille Cazin (professeur de physique et chercheur en thermodynamique), alors propriétaire des « îles de la Diosaz », fut frappé par la beauté des Gorges de la Diosaz et ne voulu pas être le seul à en jouir. Il constitua une société dont le but était d’aménager un sentier dans les Gorges.
Pour réaliser ce projet, la motivation de Pierre Berthoud, charpentier à Servoz, dut être de taille ! Les périls auxquels durent s’exposer les nouveaux travailleurs de l’époque, au fond de ces gorges, laissent pensifs. On les imagine suspendus aux flancs abrupts, avec de lourdes cordes de chanvre, dans le but d’y sceller des centaines de consoles de fer. Ils furent sûrement les précurseurs des « travaux acrobatiques ». Le travail d’aménagement, aussi dangereux que difficile, s’acheva sans accident en 1875 (après 4 années de labeur). Les 1500 touristes de cet été là purent visiter une nouvelle « merveille des alpes ».
L’abbé Joseph Lombard (1833-1900) curé des Houches en 1874 décrivait poétiquement le site :
« Mes bords sont escarpés, et nul ne peut sans crainte
Dans son lit de rochers contempler mon courant ;
La montagne dressait devant moi son écran :
J’ai fendu la montagne, ouvrant ce labyrinthe
Où va s’engouffrer mon torrent etc… »